Le Monde
November 11, 2005

L'ONF en finesse avec Masur

Renaud Machart

Au Théâtre des Champs-Elysées (TCE), l'Orchestre national de France (ONF) donnait le premier des quatre concerts d'un festival Tchaïkovski, voulu et dirigé par Kurt Masur, son directeur musical. Valeurs sûres que le Capriccio italien et le Premier Concerto pour piano, de Tchaïkovski, parfois un peu épais, que tout le monde connaît. On est baba devant la facilité presque révoltante avec laquelle Nikolaï Lugansky enchaîne les palanquées de traits en octaves du concerto sans le moindre désordre capillaire ni la moindre sueur.

En seconde partie, Kurt Masur dirige la méconnue Deuxième Symphonie du Russe. La direction ramassée et vive du chef allemand est un bonheur de finesse, de rebond, de détails goûteux, le tout dans l'acoustique bien améliorée du TCE. Les solos de cor sublimes de David Guerrier chantent éperdument, et l'orchestre est gorgé d'envie de faire sonner la musique. Comme Pelléas, on "respire enfin".